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Le projet crée la liberté. A la course sans frein de
l'instant, il oppose un autre chemin.
Il se saisit de cette arme étrange un peu irréelle mais
redoutable d'efficace: ce qui est dit ne peut jamais être dédit.
Le projet bifurque. Par lui, le temps prolifére. Le projet prend
le monde de biais et il n'y a pas d'autre biais pour prendre le monde.
Avoir un futur n'est pas avoir un projet. Il est toujours hautement
probable que le futur soit. Ainsi de la pierre sur la pente qui roule,
lourde d'un avenir sans projet, d'un en-soi sans pour soi. Elle n'a rien
jeté en avant d'elle. Elle ne joue, ni ne se joue. Rien n'y vient
jouer que le sort, "le dieu hasard, le seul, le vrai" .
Projeter ne pose rien d'utile. L'utile ne vient qu'après, s'il
vient.
Le projet flâne. Il ne veut rien, il explore. |
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