Objet

 
Le projet ne se tracasse pas. Il va et se sert opportunément. 
L'objet est tracas, il n'est pas jeté en avant mais jeté devant. Jeté, comme un voile qui choit sur le réel et clôt abruptement la perspective ! 
L'objet est résultat à l'état pur. Obstacle donc. Pierre d'achoppement. Il  tourne court, au plus court même et referme sur nous éternellement ses boucles. L'objet est un anneau magique, instrument d'hypnose pour gallinacés. 
Par le projet nous nous faisons veille.  L'objet au rebours nous ferme les yeux. 

Ni l'ennui ni la déception ne sont enclos dans le désir. Cela advient seulement dans le désir de l'objet, dans le désir trouble du voile. Dans ce propos nimbé de mystère qui au contraire du projet se jette devant nous certes, mais aussi au même instant en arrière - derrière le voile. 

Le projet est cette voile au vent qui déchire  tous les voiles. Qui ouvre la perspective et du même mouvement,  la crée. Le projet est ce crible qui permet de se faire une idée précise des choses. 

La perspective du projet c'est l'acte. L'objet au contraire y coupe court, l'ampute.  Pour faire de l'acte avec de l'objet, il faut d'abord s'en débarasser. Il faut le jeter en avant, le jeter au vent. 

Avoir un projet, c'est gagner du temps, gagner le temps. Ce n'est pas déterminer un futur mais plutôt en planter tout un arbre. 
C'est définir des futurs ; ceux dans lesquels le projet aboutit ou se dessine et ceux dans lesquels rien de tel n'échoit.