Point d'appui

 
Le projet perfectionne le présent, précisément d'un artifice qui le déclôt et le rend imparfait. 

Le projet ajoute un axiome au système formel du présent. Le présent est formel, sans appel. On ajoute un point à l'infini, on se crée un Dieu, et l'on s'évade par cette porte que l'on trace, à peine esquissée pourtant dans la surface du décor. Surprise imparable, ça marche! Le rêve ouvre vraiment le monde. 

Le projet est toute perspective, point de fuite. C'est l'ange - non pas gardien mais tutélaire - du prisonnier. C'est le projet qui fait La Belle. Et il n'est de Belle que de chair. 

Le projet est une puissance de ce monde, il n'est pas au monde, mais du monde. 
 
Merveilleuse fidélité de la porte. En dessinant des portes étranges, des projets étranges, on crée des perspectives étranges. 

Le projet est un désir sans objet. Il prend et accepte le risque de toutes les déconvenues. Par cela il est l'aube d'une lucidité que rien ne vient obscurcir tant qu'elle reste aux comandes. 
 
Projeter, c'est sagesse, c'est accepter de se tromper.